dimanche 14 février 2016

La Boîte à Sentiments est en lecture gratuite sur Wattpad


Bonsoir à toutes & tous  !


La Boîte à Sentiments (mon premier roman) est disponible gratuitement sur la plate-forme Wattpad. Je compte sur vous pour commenter, partager ou autre selon l'envie... 

Je mettrai en ligne 1 à 3 chapitres chaque semaine... Cela dépendra du temps à ma disposition car je suis en plein dans la rédaction de mon second roman. Mais voilà, j'essayerai d'avoir un rythme régulier au niveau des publications sur Wattpad.

Bon, j'ai encore des petits problèmes avec les formats, notamment ceux des illustrations de ma soeur Pauline Romani (qui les a toutes créées, y compris la couverture du Livre I et celle du Livre II). L'utilisation de Wattpad est pratique pour lire mais pas pour mettre en forme, c'est un vrai casse-tête !


Merci ! Et bonne St Valentin à tous les Zamoureeeeuh !

Cha.

dimanche 13 décembre 2015

LES ÉDITIONS SOKRYS N'EXISTENT PLUS

Bonsoir à toutes & tous ! J'avais annoncé au mois de Mars dernier, sur la page facebook de La Boite à Sentiments, la réédition du Livre I de La Boite à Sentiments ainsi que l'édition du Livre II. Mais, on efface tout & on recommence.

Depuis plusieurs mois - & après cette annonce qui me réjouissait, en sachant toutes les complications qu'il y avait eu juste avant - je n'ai plus eu de nouvelles de mon éditeur. Pas moyen de le joindre & surtout aucune réponse de sa part.

C'est tout récemment seulement - par l'intermédiaire d'une connaissance - que j'ai appris que la maison d'édition SOKRYS avait fait faillite. Donc, plus de site officiel ni la possibilité de trouver encore mon livre (le premier tome) en vente.

Mon éditeur ne m'a pas prévenu & à ce jour, je n'en sais pas plus. Mfff ! c'est décevant & particulièrement énervant, mais bon, c'est comme ça...

Je pense donc à m'orienter vers d'autres éditeurs ou, si cela s'avère trop compliqué, vers une auto-édition. Mes lecteurs qui souhaiteront connaître la suite & fin de La Boite à Sentiments devront donc s'adresser directement à moi. Cool ? émoticône wink

Je vous tiens informés de la suite des évènements. Si j'ai la chance d'être éditée ailleurs à compte d'éditeur, vous le saurez & si je n'ai pas cette chance, alors ça sera un peu plus compliqué, mais La Boite à Sentiments mérite un point final, comme vous méritez de savoir la fin de l'histoire ! émoticône pacman

Je ne baisse pas les bras !
À très bientôt ! Je vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année !
Bien à vous, Cha.

dimanche 24 mars 2013

Très bientôt...

- Visuel de la couverture de La Boite à Sentiments, Livre II, réalisé par Pauline Romani -

Le Livre II de La Boite à Sentiments sera bientôt disponible, en attendant, vous pouvez commander le Livre I sur le site SOKRYS Éditions

Bien à tous, Cha.

23 Mars 2013 : Une journée mémorable !


Un carton rempli de livres de mon premier roman, La Boite à Sentiments - Livre I, édité chez SOKRYS Éditions, venait tout juste d'arriver... Un grand moment d'émotion ! Après des mois de travail, je tenais enfin mon bébé entre les mains !

- La Boite à Sentiments, Livre I -

 Les deux premiers chapitres du roman sont en ligne sur ce blog ; un petit avant goût qui vous permettra de vous plonger dans cette histoire...

 Le livre est en vente sur le site SOKRYS Éditions. Vous pouvez déjà commander votre exemplaire (20,00 €). Merci à mes lecteurs présents et futurs, pour leurs soutiens !

Bien à tous, Cha.

mardi 1 novembre 2011

Chapitre 2 Premières découvertes


Premières découvertes

- Mardi 5 Mai à 20h30 -

    J’arrive enfin chez moi, sentant mes jambes légèrement engourdies d’avoir autant marché. Il est 20h00 passé et je dépose la boite sur ma table basse. Je me dirige dans la cuisine, prépare mon souper et mange devant la télé, sans vraiment prêter attention au programme - c’est uniquement pour ne pas manger seule. Ensuite, comme à mon habitude, je fais la vaisselle et me mets en pyjama.

    “Allez, je vais bouquiner un peu ce soir.”

    Je me cale dans mon lit et commence la lecture d’un manga. Mais quelque chose me déconcentre. Je n’arrive pas à rentrer dans l’histoire, à cause de... la boite. Elle est dans mon champs de vision. Chose curieuse, je m'aperçois qu’elle a changé de couleur. À présent, elle est bleu foncé, presque bleu nuit. Je sors alors de mon lit, m’approche prudemment comme si je craignais que quelque chose en sorte...

- J’avais peur que tout ceci ne soit pas que le fruit de mon imagination -

    Ce premier soir, je m’étais assise en tailleur sur mon lit, la boite posée devant moi. Le fait que sa couleur soit différente m’avait quelque peu fait flipper. Il n’y avait pas de fermetures particulières. Pas de clé. Pas de serrure : un simple couvercle. Je décidai de l’ouvrir une nouvelle fois. À présent, l’intérieur contenait quelque chose... Comment était-ce possible ? J’eus un mouvement de recul, suivi par un coup d’oeil instinctif vers ma porte d’entrée : celle-ci était fermée à double tour. Puis je vérifiai sous mon lit, au cas où... Rien. Pas la peine de dire à quel point je m’étais sentie bête.
    Alors que je restais là, debout devant mon lit, la boite, elle, n’avait pas bougé d’un pouce. Je m’approchai enfin de plus près pour voir ce qu’elle recelait. Dans ma frayeur, je n’avais pas encore vraiment regardé. Je découvris avec étonnement que la boite était cette fois-ci aussi jolie dedans que dehors. L’intérieur était recouvert d’un magnifique velours bleu nuit, lui donnant plus de profondeur qu’elle ne semblait contenir, vue de l’extérieur. Et chose tout à fait bizarre - qui ne m’avait pas percutée quand je l’avais ouverte dans le parc - le revers du couvercle était en fait un miroir. Intriguée, je regardai ce qu’elle contenait :

    “Un carnet....?” constatai-je en me parlant à moi-même.

    Ce petit carnet recouvert de cuir noir était vierge sauf à la première page. Quelque chose, d’une écriture soignée et qui me paraissait ancienne, y était inscrit à l’encre bleu outremer :

    “Veuillez écrire, s’il vous plaît, cinq mots sur une de ces pages, afin de vous définir dans plusieurs étapes de votre vie. Ensuite, reposez le Carnet, fermez le couvercle, attendez cinq minutes et ouvrez-moi de nouveau. Sortez le Carnet et lisez ce qui sera écrit.”

    “C’est une blague ou quoi ?”

    Je commençai sérieusement à prendre peur. Ce n’était pourtant qu’une boite.

    “Bon... ok, je vais voir si ce truc fonctionne,” songeai-je plus sceptique que jamais.

    Je pris un stylo afin de noter sur le petit carnet, cinq mots pour me définir dans plusieurs étapes de ma vie, bien que je ne sache pas vraiment de quoi il s’agissait. Pourtant, je ne mis pas longtemps avant d’écrire les mots suivants. Je dirais même que ce sont les premiers à m’avoir traversé l’esprit :


“Passion” - “Abandon” - “Mélancolie” - “Solitude” - “Espoir”


    Je remis alors le carnet dans la boite, refermai le couvercle et me mis à attendre que les cinq minutes prescrites soient écoulées, tout en fumant une cigarette, me demandant si je n’étais pas en train de péter un câble.
    Je tentai d’identifier de quel matériaux elle était faite, mais je ne pus en déterminer aucun. Trois minutes étaient déjà passées et ma curiosité se faisait grandissante. Quatre... Et Cinq. Je retirai le couvercle avec précipitation et ouvris le carnet à la page exacte où j’avais écris les cinq mots. Je vis avec stupéfaction que quelque chose de nouveau était inscrit :

    “Bonsoir, je suis La Boite à Sentiments. Nous allons faire connaissance et je vous guiderai pendant quelques temps, afin de vous apporter mon aide dans la recherche de vos émotions.
   
    Diagnostic : vous souffrez d’un complexe de sensibilité aiguë, amplifié par le manque de cette dernière lorsque vous voudriez qu’elle se manifeste. Vous n’êtes pas la première personne à qui ce genre de chose arrive, mais votre cas est intéressant.

    Si vous avez des questions, posez-les toujours dans ce Carnet, en prenant soin de bien me refermer puis d’attendre cinq minutes avant de lire ce qui se sera écrit.”
 
   
    “Quoi ??? C’est quoi ce truc de fou ?”

    La boite était donc bien vivante ? Je constatais en plus de cela, qu’elle était extrêmement polie. Étais-je en pleine hallucination ? Le Vieil Homme m’avait pourtant prévenue. Je repensai à ce qu’il m’avait dit : “Ce n’est pas une simple boite et vous vous en rendrez compte bien assez tôt. Il suffit juste de l’ouvrir...”

- Non non, ce n’est pas le fruit de mon imagination -

    “Mais quand même... tout à l’heure, au Peyrou, lorsque j’ai ouvert la boite, je l’aurais vu ce carnet ? Ok, il faisait presque nuit, mais je l’aurais vu !!! Je suis absolument certaine que la boite était vide. Ce doit être un truc de magie ou alors une très bonne blague. Je suis peut être victime d’une expérience extra-terrestre ? Non... Il faut que j’arrête d’halluciner toute seule. Mais... Le Vieil Homme comment a-t-il...? Non, ça ne peut pas être une simple coïncidence... Bon, je vais me coucher et demain j’aurai peut-être les idées plus claires. Je retournerai au Peyrou à la recherche du Vieil Homme et si je le trouve, je lui poserai des questions sur cette boite. Je crois même que je le harcèlerai de questions !!!”
 
- Le lendemain à 07h00 - 
   
    Après avoir passé une nuit franchement glauque, je sortis de mon lit sans aucun problème, bien décidée à élucider ce mystère. La boite avait encore changé de couleur. Ce matin-là, elle était rouge vif avec des reflets bleutés. Vraiment, je commençai à bouillir. Trop de questions tue les questions.
    Je déjeunai, m’habillai et sortis de chez moi pour me rendre au Peyrou, tout ceci en un temps record. Mais une fois là-bas, je me rendis compte avec agacement qu’il n’y avait personne. J’aurais dû y penser avant : de bon matin, c’était tout à fait normal. Peu importe, je pris la décision de revenir en fin d’après-midi.

    Après cet échec, je rentrai chez moi, fatiguée et énervée. Il était seulement 9h00. Il y avait quand même quelque chose de positif au fait que je me sois levée si tôt : j’allais pouvoir travailler et aller en cours, pour une fois. Je me disais, avec entrain, qu’une journée de dur labeur est une journée constructive.
    Je commençai donc par faire quelques heures de piano. Je jouai alors Jardin sous la pluie de Claude Debussy. Au début, ce morceau me donnait des difficultés, mais j’étais heureuse de constater que, de jour en jour, je faisais d’immenses progrès.

    Vers 13h00, je mangeai rapidement puis je me rendis à la fac en vélo - j’étais inscrite en Master 1 de Musicologie. Une fois de plus, j’arrivai en cours de musique contemporaine en retard et essoufflée. Il me fallait toujours beaucoup de motivation pour me rendre à ce cours, pendant lequel l’ennui profond finissait inéluctablement par me vaincre, comme pour faire un pied de nez à ma bonne volonté. Habituellement, les cours d’histoire de la musique me plaisaient beaucoup. Mais ce cours devenait un véritable supplice à cause de la mollesse et des nombreuses métaphores, souvent tirées par les cheveux, que le maître de conférence utilisait, avec un air proche de la folie, la plupart du temps. Ce jour-là, les heures semblaient s’écouler à une telle lenteur que j’avais complètement sombré dans les fins fonds de mon classeur, le stylo plume toujours dans la main. Lorsqu’enfin, l’heure de la libération retentit, je quittai avec hâte cette séance de torture.

    Pédalant comme une forcenée, je me rendis au Peyrou, impatiente d’obtenir les réponses à mes questions... Et tandis que je me rapprochais du but, le passé se mit à défiler devant mes yeux à l’instar d’un film muet. Malgré le silence de ces images craquelées en noir et blanc, les impressions d’un quotidien pesant dont je préférais ne pas me souvenir affluaient pourtant encore très précisément dans mon esprit : je me revoyais fumant une cigarette, assise à la table de ma cuisine au matin, le soir dans mon lit ou même en d’autres lieux... Il m’avait quittée. Je l’avais accepté comme une fatalité et j’avais appris à mieux vivre avec... Alors pourquoi y songeais-je de nouveau ? Serait-ce la présence de cette boite qui réveillait ces émotions ? C’était absurde...

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 - La Boite à Sentiments - 
- Ses couleurs sont celles de la première nuit -


- Le Carnet -

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lundi 31 octobre 2011

Chapitre 1 Une rencontre importante

“À toutes celles et ceux qui n’ont pas encore ouvert leur Boite à Sentiments...
Et qui, j’espère, commenceront à le faire à la fin de ce livre.

    À Papa et à Maman. À ma famille. À mes amis.

Parce que la musique et les arts tiennent une place importante dans ma vie,
merci à tous ces artistes, à toutes ces personnes qui m’ont inspirée, de près ou de loin.”
 
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XL.

Semper Eadem*

    ““D’où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange,
    Montant comme la mer sur le roc noir et nu ?”
Quand notre coeur a fait une fois sa vendange,
    Vivre est un mal. C’est un secret de tous connu, 

    Une douleur très simple et non mystérieuse,
    Et, comme votre joie, éclatante pour tous.
    Cessez donc de chercher, ô belle curieuse !
    Et, bien que votre voix soit douce, taisez-vous !”
 
    (...)

Extrait de XL. Semper Eadem de Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal
  
* Formule latine signifiant “toujours la même” ou “toujours les mêmes choses”. 

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Une rencontre importante

Chloé

- Mardi 5 Mai -

    Il est exactement 8h du matin. Mon réveil a déjà sonné cinq fois au moins, à neuf minutes d'intervalles et c’est avec peine que je me décide enfin à sortir de mon lit encore tout chaud. Comme d’habitude, j’ouvre mes volets et je regarde un instant le ciel, me disant en moi-même que c’est dommage de rester enfermée par une si belle journée. Puis j’allume la radio, fais mon lit et déjeune tout en surfant sur le net.

    Moi qui cours toujours après le temps, j’ai souvent la sensation qu’une journée de vingt-quatre heures n’est pas suffisamment longue. Mais d’un autre côté, je me dis aussi que je devrais être plus organisée.

    Actuellement, je suis quelqu’un d'honnête et d’assez fier. Généralement, les gens me disent que je parais très froide au premier abord, voire hautaine. Cependant, lorsqu’on me connaît mieux, on finit par me trouver assez sympa. C’est déjà pas mal...
  Ce dont je suis sûre à mon sujet, c’est que je suis quelqu’un de passionné. Passionné par beaucoup de choses mais plus particulièrement par les arts, la musique et le piano, que je pratique depuis plusieurs années maintenant. J’ai su rester fidèle aux autres et à moi-même... à mes convictions. Du haut de mes 24 ans, je n’ai pas la sensation d’être un être exceptionnel, mais j’ai souvent l’impression d’être à part. À coté des autres. Ce qui doit justement renforcer cet aspect de froideur que je dégage sans le vouloir et qui a pour conséquence de me déprimer lorsque j’y songe. On dit que les natifs du Capricorne ont ce trait de caractère... Après tout, on est comme on est... Ma timidité n’est jamais un obstacle lorsque je dois dire ce que je pense, avec ou sans diplomatie, mais ma maladresse me met souvent dans de drôles de situations. Je ne fais pas toujours preuve de patience, néanmoins, le désir d’être accomplie m’incite à la persévérance. Exigeante et perfectionniste, j’ai ce qu’on peut appeler un fort caractère.
    Lorsque je suis aux cotés de mon père, on me dit : “Bon sang, qu’est ce que tu ressembles à ton père !” Et lorsque je suis aux cotés de ma mère, on me dit : “Bon sang, qu’est ce que tu ressembles à ta mère !” Ce qui est assez comique, car en définitive, je ne sais pas à qui je ressemble le plus. Je suis de taille moyenne. À ma grande satisfaction, mes cheveux sont longs et châtains clairs. Et j’ai les yeux bleus. D’ailleurs, ni ma mère, ni mon père n’ont les yeux de cette couleur.

    Après le petit déjeuner, je file dans la salle de bain pour me préparer. Je suis toujours un peu longue. D’ailleurs, ma mère et ma petite soeur ne manquent jamais de me le rappeler lorsque je rentre certains week-ends pour voir ma famille.
   J’ai deux sœurs en fait. Lawrence et Ambre. Lawrence a sept ans de plus que moi et elle va bientôt fêter son 31ème anniversaire. Maman lui avait donné ce prénom en hommage à Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie, mais aussi par amour des prénoms anglophones. Bien que nous ayons des caractères diamétralement opposés, je m’entends bien avec elle. Cependant, il fut un temps où l’on n’arrêtait pas de se disputer pour un oui ou pour non. Heureusement, cette période est révolue. Elle est éducatrice spécialisée, mais sa passion reste avant tout l’écriture. Cela va faire cinq ans qu’elle et Alexandre se sont mariés. Ils ont eu un fils : Baptiste. Le petit bout a eu deux ans cette année, et il aura bientôt une petit soeur.
    Ambre, quant à elle, vient tout juste d’avoir 16 ans. Elle est au lycée, en seconde Arts-Appliqués. Elle prend également des cours de Théâtre. Très tête en l’air, c’est aussi un véritable clown quand elle s’y met. Je suis très proche d’elle. Lorsqu’on est toutes les deux, il n’y en a pas une pour rattraper l’autre ! On se marre comme des folles même si les délires qu’on s’invente ne font rire personne...

    Fatalement, la matinée est passée à toute vitesse. C’est sur les chapeaux de roues que j’ai mangé ce midi. En début d’après midi, les choses sérieuses ont commencé. J’ai joué du piano durant quatre bonnes heures et je me suis sentie accomplie. Finalement, et même si je n’avais pas prévu ça, c’est seulement en fin d’après midi que je suis sortie de chez moi, sans culpabiliser un seul instant d’avoir encore quelques petits trucs à faire. J’aime partir à pied dans le centre-ville de Montpellier et faire les boutiques, surtout les disquaires et les librairies. Même si je n’ai pas beaucoup d’argent, je suis toujours à la recherche de nouveautés. Bien souvent, je n’arrive pas à freiner mes désirs et repars avec un CD, un manga ou autre chose dans mon sac, tout dépend de mes envies du moment. Je reconnais que ce n’est pas très sérieux, mais le fait de donner quelques cours de piano m’aide à atténuer la difficulté des fins de mois.

    C’est le printemps. L’air est comme je l’aime : doux et chaud, avec une petite brise flottante, agréable, enivrante. La luminosité est tout simplement magnifique. Bleu, jaune, rose et mauve se mélangent dans le ciel, formant une parfaite harmonie de couleurs... Je me sens juste bien.

- Je m’en souviens encore comme si c’était hier -
   
    Je me souviens que ce Mardi 5 Mai, je me sentais bien. J’avais dû flâner une petite heure dans le centre et par gourmandise je m’étais achetée une crêpe au nutella, que je mangeai tout en marchant : je me dirigeais vers le parc du Peyrou pour contempler la vue et m'asseoir sur un banc, encore immergé de soleil.

    Je restai là, fumant une cigarette, plongée dans mes pensées. J’écoutais, sur mon lecteur Mp3, So Real* de Jeff Buckley, une chanson que j’adore, me surprenant moi-même d’être si sereine pour une fois. Même si des souvenirs me revenaient, je ne me sentais pas mal pour autant. Je m’en étonnais, car j’ai toujours eu beaucoup de difficultés à gérer le flot de mes souvenirs, et par contraste le retour au présent.

    J’adore venir au Peyrou pour me balader... Situé entre l'Arc de Triomphe et les Arceaux, ce parc coiffe le sommet de la colline autour de laquelle la ville s'est bâtie. Entouré de bassins ornés de sculptures, de jets d'eaux et de banc publics, le parc est aussi ombragé par d'immenses platanes. Il y a de grandes pelouses verdoyantes ainsi qu'un château d'eau et un aqueduc à son extrémité, d’où l’on peut y contempler une partie de la ville.

    Le Peyrou était blindé de monde. Il y avait ici et là une bande de jeunes allongés dans la pelouse, un couple d’amoureux se tenant la main, des solitaires dans mon genre et un homme qui se dirigeait lentement dans ma direction. Il avait le visage marqué par le temps, mais je n’aurais su lui donner d’âge. Bien qu’il s’aidât d’une canne, il y avait de l’élégance dans sa démarche, une certaine classe aussi - ce n’était pas une question de vêtements mais d’allure. Je me souviens d’une chose qui m’a tout de suite semblé curieuse : il tenait une boite sous son bras gauche. Il se rapprochait de plus en plus, pour finalement venir s’asseoir à côté de moi, alors qu’il y avait une multitude d’autres bancs dans le secteur.

- Je ne vous dérange pas j’espère ? me demanda-t-il d’un air bienveillant.
- Oh, non non, pas du tout ! 

    J'éteignis mon lecteur Mp3. Quelques minutes passèrent et je me grillai une autre cigarette. Le soleil commençait à décliner, mais l’air était encore chaud. J’avais envie de rester encore un peu. Je jetai quelques regards discrets à mon voisin qui tenait toujours cette fameuse boite entre ses mains. Il l’avait posée sur ses genoux. À présent, j’en voyais mieux les détails. Elle était d’une taille moyenne, ronde, lisse et d’une drôle de couleur pastel, cependant magnifique. Bien qu’habituellement je sache faire la différence entre les teintes, je n’aurais su dire si elle était rose ou jaune, ou les deux à la fois. On aurait dit quelle était le parfait reflet du ciel, tel un miroir ou une flaque d’eau dans laquelle pouvait se refléter la silhouette de celui ou celle qui s’y mirerait.    

   Voyant que j’étais intriguée par cet objet, Le Vieil Homme me dit alors : “Elle vous plaît n’est-ce pas ?” À cela je ne pus répondre qu’affirmativement. Je n’avais jamais vu quelque chose d’aussi intriguant, presque hypnotique.

- C’est un objet digne des dieux. Un objet très rare, unique, que j’ai en ma possession depuis fort longtemps et qui m’a beaucoup servi.
- Ah bon ? Mais... comment se fait-il que vous l’ayez avec vous en ce moment ? lui demandai-je, ne sachant trop quoi dire.
- Eh bien, il est temps, voilà tout, me dit-il très naturellement.
- Comment ça, il est temps ?
    
    Le Vieil Homme commençait vraiment à éveiller ma curiosité.

- Il est temps pour moi de faire une bonne action. C’est La Boite qui me l’a dit.

    Alors là, j’étais déconcertée. Il balançait ça avec un tel aplomb.

- La boite vous a... vous... vous êtes sérieux là ? 
- Tout à fait ! J’ai encore toute ma tête ! me répondit-il en riant.
- D’accord ! Je vous crois volontiers. Mais pourquoi me dire ça à moi ?
- Parce que c’est à vous qu’Elle appartient désormais.

    En disant cela, Le Vieil Homme sembla un peu triste. Il se leva, s’aidant de sa canne, et me remit cette boite entre les mains. 

- C’est La Boite à Sentiments. Elle renferme beaucoup de secrets et moi-même, après tout ce temps, je n’ai pas réussi à comprendre comment elle fonctionne véritablement. Je sais juste qu’elle m’a beaucoup aidé dans les tourments de ma jeunesse, et bien après. Sans elle, ma vie n’aurait certainement pas été la même et je considère que j’ai eu beaucoup de chance d’en avoir été le propriétaire jusqu’à aujourd’hui. Elle m’a été transmise, à l’époque, par une jeune femme que je ne connaissais pas et qui procéda comme je m’apprête à le faire. Je dois m’en séparer car La Boite vous a choisie. Je n’ai pas de vrais conseils à vous donner, sauf peut être... Écoutez ce qu’elle vous dira. Prenez-en grand soin tant qu’elle vous appartiendra, et n’en parlez jamais à personne.
- Mais monsieur, sauf votre respect, ce n’est qu’une boite et... les boites, ça ne parle pas !
- Non, au contraire. Ce n’est pas une simple Boite et vous vous en rendrez compte bien assez tôt. Il suffit juste de l’ouvrir.
- Euh...
- Bien, je vous souhaite le meilleur à venir.
   
    Sur un dernier sourire chaleureux, Le Vieil Homme fit demi-tour et me laissa sur le banc, la bouche ouverte. J’avais la boite entre les mains et l’air totalement stupide du gobeur de mouches. Je décidai alors de me griller une autre cigarette. Vraiment, je n’en revenais pas. Le temps semblait s’être arrêté, comme suspendu... Durant cette conversation, je n’avais même pas réalisé que le crépuscule laissait place à la nuit et qu’il n’y avait presque plus personne à l’horizon...

    “C’est vraiment curieux... Il suffit juste de l’ouvrir ??? C’est quoi ce délire ?”

    Je pris l’initiative de soulever le couvercle, mais l’intérieur ne contenait absolument rien. La boite était vide, du vide le plus vide qui existe.

    “Pfff... je le savais !” m’exclamai-je, en me ravisant aussitôt.

    À vrai dire, je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant cette boite... Peut-être à ce qu’elle émette un son dans une explosion de confettis et de serpentins colorés  comme dans les boutiques de farces et attrapes. Je me levai, bien décidée à rentrer chez moi. Je la pris quand même avec moi, me disant que je pouvais toujours m’en servir d’une façon ou d’une autre... Elle était jolie après tout.

* Album Grâce.
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 - La Boite à Sentiments - 
- Ses couleurs sont celles du jour où Chloé en fait l’acquisition -  

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Livre I : Table des matières

LES CHAPITRES :

Chapitre  1  Une rencontre importante
Chapitre  2  Premières découvertes
Chapitre  3  Épigraphes ou comment j’en suis arrivée là
Chapitre  4  Des souvenirs qui font mal
Chapitre  5  Ce n’est pas pour tout de suite
Chapitre  6  Petit tête à tête avec la boite
Chapitre  7  Mebahiah
Chapitre  8  Chez Sarah
Chapitre  9  Soirée culturelle
Chapitre  10  Anaël et Morgan
Chapitre  11  Les coïncidences n’existent pas
Chapitre  12  Quotidien d’une étudiante possédant La Boite à Sentiments
Chapitre  13  Une visite inattendue
Chapitre  14  L’été commence

LES PERSONNAGES PRINCIPAUX :

Chloé Mélodie Oriman - Capricorne

Sa famille (principaux membres)
    Daniel Oriman - Taureau
    Joe Oriman-Antonini - Vierge 
    Lawrence June Carmin-Oriman - Gémeaux / Alexandre Carmin - Scorpion / Baptiste Carmin - Verseau / Clarence Carmin- Lion
    Ambre Lou Oriman - Capricorne

Ses amis
    Etienne Moreau - Bélier / Julien Moreau - Taureau
    Sarah Vernet - Sagittaire / Jefferson Owen Guibert - Balance
    Raoul Costa - Taureau / Marina Jourdan - Poisson

Les autres (par ordre d’apparition)
    Le Vieil Homme
    Iris Flamenck - Lion
    Mebahiah
    Anaël Chevalier - Scorpion
    Morgan Legrand - Cancer
    Yukimi Kuran - Verseau

REMERCIEMENTS :

   “Je remercie mes parents qui m’ont apporté leur soutien... comme toujours et plus largement, ma famille. Vos encouragements à tous m’ont amenée loin dans ce projet. Merci à mes amis qui, j’en suis sûre, se reconnaîtront... Un grand merci à Carole Menahem-Lilin qui a rendu le travail des corrections passionnant et qui m’a surtout transmis de son savoir en ce qui concerne l’écriture. Merci à toute l'équipe des Édition Sokrys, notamment Monsieur Massonnaud et mon directeur d'ouvrage, Monsieur Belhuerne, qui m'ont accompagnée dans l'aboutissement de ce projet... de ce rêve. Et un merci tout particulier à ma petite soeur, Pauline, pour cette fabuleuse illustration de La Boite à Sentiments ou plutôt de son âme... J’ai pris un grand plaisir à écrire la première partie de cette histoire. J’espère que vous en avez eu autant à la lire. Pour la suite, sachez simplement que La Boite à Sentiments a encore beaucoup de choses à dire...”

Il s'agit des remerciements tirés du Livre I de La Boite à Sentiments. Je tenais à ce qu'ils soient présents ici.

Présentation


- Couverture imaginée par Pauline Romani - 
- La Boite à Sentiments - Livre I -  

Titre : La Boite à Sentiments - Livre I
 Auteur : Charlotte Romani 

Structure : 14 Chapitres / 362 Pages

Genre : Romance, Psychologie, Fantastique
Type : Roman Jeunesse

Éditeur : SOKRYS Éditions



Quatrième de couverture :

À la suite d’une expérience sentimentale traumatisante, Chloé se rend compte qu’elle n’arrive plus à éprouver le moindre sentiment en ce qui concerne l’Amour. Oui l’Amour, avec un grand “A” - celui qui, dans tous les clichés, nous donne des ailes.

Le jour où Chloé rencontre Le Vieil Homme est un jour qui changera sa vie. Mais pourquoi lui a-t-il transmis cette boite, qu’il appelle avec affection et fierté “La Boite à Sentiments” ? Que contient-elle et comment s’en servir ? Chloé le découvrira et, avec La Boite, refera l’apprentissage des émotions qui lui étaient devenues étrangères. Un être venu des cieux l’aidera aussi dans cette quête d’elle-même et de l’autre. Les rencontres qu’elle fera par la suite révéleront ses peurs tout en éveillant ses désirs...

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Argument :

Suite à une rupture traumatique, mon héroïne ne parvient plus à accorder sa confiance aux hommes qui lui plaisent, ni à tomber vraiment amoureuse. Qu'un vieil homme énigmatique lui offre une mystérieuse "Boite à sentiments" va-t-elle l'aider ? Que représente vraiment cette Boîte, qui s'exprime avec une sagesse quasi angélique ?

L'histoire est racontée selon deux points de vue alternés, "Chloé" et "Anaël". J'y brosse le portrait d'un groupe d'étudiants montpelliérains d'aujourd'hui, avec leurs préoccupations, leurs fêtes, leurs craintes et leur joie de vivre.

Au-delà d'une histoire amoureuse, j'ai aussi voulu y exprimer mes réflexions sur notre rapport à l'autre, à la vie, et cette étrange chose qu'est la découverte de la force qui vit en nous.